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Laurent Rheault, OMA
Directeur général et secrétaire-trésorier
Municipalité de Lac-Etchemin
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Les
origines de la COMAQ
Au début : la MFOA, une présence timide au Québec
Avant
1960, la Municipal Finance Officers Association (MFOA) regroupait
la majorité des trésoriers des municipalités
du Québec. Cette association, fondée aux États-Unis
depuis de nombreuses années, n'apportait que peu d'aide au
travail de secrétaire-trésorier et de greffier, deux
professions pourtant très présentes dans l’administration
des municipalités du Québec.
L’origine
: l’IOMFA, une association plus proche des réalités
de l’officier municipal du Québec
Au
début des années 1960, les greffiers, les trésoriers
et les secrétaires-trésoriers de la région
de Montréal songèrent à doter le Québec
d'un organisme regroupant les officiers municipaux et correspondant
aux réalités administratives locales. Après
de nombreuses discussions et quelques rencontres, ils décidèrent
d’entreprendre une démarche menant à la création
d’une association québécoise. Cette première
association fut incorporée officiellement en 1964 sous le
nom de l'Institut des officiers municipaux de finances et d'administration
du Québec (IOMFA).
Dès
sa fondation, des démarches furent entreprises auprès
du bureau international de la MFOA à Chicago afin de faire
reconnaître l’IOMFA comme la section québécoise
de la Municipal Finance Officers Association, ce qui fut accepté.
La grande majorité des trésoriers, des greffiers et
des secrétaires-trésoriers des villes se regroupèrent
au sein de cette nouvelle association québécoise et,
à titre de membre de l’IOMFA, ils étaient associés
à la MFOA et pouvaient ainsi bénéficier de
tous ses services. Les fondateurs, soucieux de la compétence
des membres, mirent sur pied une série de cours afin d’outiller
les officiers municipaux des villes en regard de la gestion municipale
et ainsi d’enrayer une lacune qu’était le manque
de formation dans le milieu municipal. En effet, avant l’offre
d’une formation adaptée pour l’officier municipal
du Québec par l’IOMFA, les seuls moyens d'acquérir
de l’expertise consistaient à consulter ses confrères,
à participer aux réunions de section dans les régions
ou bien à suivre des cours par correspondance en gestion
municipale offerts par les associations américaines.
L’IOMFA
créa ensuite un programme de formation en collaboration avec
l’École des hautes études commerciales de Montréal.
Certains cours étaient aussi offerts à l’Université
Laval, à Québec. Dès 1967, l'IOMFA procédait
à l’émission de ses premiers diplômes.
Les dirigeants de l'IOMFA désiraient, par l’offre de
cours, développer chez leurs membres un professionnalisme
essentiel à la saine gestion municipale. Évidemment,
ces initiatives portèrent fruit et suscitèrent la
tenue de rencontres régionales qui permirent aux participants
d'approfondir des sujets d'intérêt commun et de bonifier
les rencontres annuelles de l'Association en portant une attention
particulière au programme des assises annuelles.
La
naissance : la COMAQ, enfin une réalité corporative
L'Institut
des officiers municipaux de finances et d'administration du Québec
(IOMFA) existait depuis 1964 et tentait depuis quelques années
de faire reconnaître la profession d’officier municipal
au sein de son association et de la doter d’un titre réservé
aussi officiel que celui de comptable agréé ou d’ingénieur.
Cependant, ce projet ambitieux n’était pas prioritaire
pour l’IOMFA.
Or,
en 1966-1967, un groupe formé de membres de l’IOMFA
provenant de la région de Québec décida qu’il
fallait à tout prix enregistrer le titre d’officier
municipal agréé (OMA). Ces personnes, en l’occurrence,
MM. Paul-André Robitaille, Guy Ferland, Jacques Simoneau,
Robert Légaré, Daniel Leclerc, Roger Gauvin, Louis-Jacques
Laflamme, Georges-Henri Légaré et Paul-André
Cantin, formèrent un comité d’étude au
sein de l’IOMFA pour traiter de ce sujet d’actualité.
Ces
officiers municipaux souhaitaient créer une véritable
corporation professionnelle dotée de règlements stricts
pour en contrôler l’admission. Ils firent alors affaire
avec le bureau d’avocats de Prévost, Gagné,
Flynn, Rivard, Jacques, Simon, Lessard & Lemay, pour élaborer
un projet de loi privée qui fut présenté à
l’Assemblée nationale.
Le
5 juillet 1968,
la COMAQ prenait vie par
l’adoption de la loi privée 180 !
Ce n’est que quelque temps plus tard que certains membres
de l’IOMFA réalisèrent la véritable ampleur
de ce qui venait de se passer : l’IOMFA venait de permettre
la création d’une autre association ayant pratiquement
les mêmes buts qu’elle. Il était évident
que deux associations poursuivant les mêmes objectifs de défense
des officiers municipaux au Québec ne pourraient coexister
encore bien longtemps.
Les
premiers règlements
Me
Maurice Jacques reçut le mandat de rédiger les premiers
règlements de la COMAQ. Dans le projet de loi original, douze
règlements avaient été établis. En plus
des règlements généraux qui traitaient des
modalités de réunions, de l’assemblée
générale et de la constitution d’un conseil
d’administration, il y avait des règlements particuliers
concernant les conditions d’admissibilité à
titre de membre de la COMAQ. C’est également dans ces
premiers règlements que le territoire fut divisé en
plusieurs sections et que cinq comités permanents furent
formés.
Bien
que la COMAQ ait été créée, l’IOMFA
demeurait toujours. Plusieurs officiers municipaux étaient
à la fois membres de la COMAQ et de l’IOMFA. Bien vite,
tous se rendirent compte que ces deux associations se chevauchaient
dans bien des secteurs. Des négociations s’enclenchèrent
donc, dès 1969 avec l’IOMFA, mais également
avec la Corporation des officiers municipaux et scolaires du Québec
(COMSQ) dans le but d’étudier une éventuelle
fusion. L’année suivante, la fusion entre l’IOMFA
et la COMAQ avait lieu après maints houleux débats
alors que celle avec la COMSQ échouait en raison de points
de vue inconciliables.
À
la suite de cette fusion, il fallut adapter certains aspects de
l’organisation de la COMAQ. Tout d’abord, l’IOMFA
disposait d’un secrétariat permanent situé à
Boucherville. Ce secrétariat fut fermé car les dirigeants
de la COMAQ désiraient continuer d’administrer la nouvelle
Corporation à partir de Québec. De plus, il fallut
modifier les règlements de la COMAQ pour permettre aux membres
de l’IOMFA de devenir membres de la COMAQ. Les comptes de
l’IOMFA furent liquidés et ses lettres patentes, abrogées.
OMA
: un titre réservé et exclusif toujours après
40 ans
En
résumé, c'est par une loi privée, en 1968,
que le gouvernement a accordé à la COMAQ, le titre
réservé d'officier municipal agréé (OMA)
pour ses membres qui remplissent les conditions permettant à
la Corporation d'attester de leur compétence à exercer
la profession d'officier municipal. Le directeur général
de la COMAQ, Me Érick Parent, souligne :
«
La COMAQ est, encore aujourd'hui, la seule Corporation parmi les
associations du milieu municipal et du monde corporatif québécois
à avoir été constituée par une loi privée
et à pouvoir décerner un tel titre. »
La
COMAQ offre des activités de perfectionnement de qualité,
adaptées aux besoins et aux réalités quotidiennes
des gestionnaires des municipalités et dispensées
par des praticiens qui interviennent dans le milieu municipal. Elle
peut également attester de la compétence de ses membres
à évoluer dans ce milieu et à bien remplir
leur fonction grâce aux unités de formation qu'ils
acquièrent, car, pour maintenir le titre, ils sont tenus
de suivre des cours sur une base régulière.
Au
moment de la création de la COMAQ, ses membres espéraient
que le titre soit nécessaire à l'obtention d'un poste
de gestionnaire dans l'administration publique. Encore aujourd’hui,
si le titre n'est pas une exigence des administrations municipales
au moment de l'embauche, il est une reconnaissance de la valeur
professionnelle des membres de la COMAQ et il démontre l'intérêt
de ceux-ci pour leur profession et leur souci de toujours bien servir
la population. Il est aussi source de fierté pour les membres
qui l'obtiennent et le portent.
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